PAUL AKIJE

Confronté sans cesse au marché, l’identité d’un artiste fait face à l’idée de label, de marque. Paul Akije se positionne contre cette condition politique et économique en rapportant l’identité d’un artiste à une stricte énigme. Il ne donne rien de sa subjectivité, il n’apparaît pas, n’a rien à nous dire. Comme s’il n’existait pas, il rapporte le sujet, ce “je” que nous fantasmons, à un ensemble d’agrégats sans continuité. Cet exercice philosophique apparaît comme le lieu même de sa pratique, un mouvement dont le résultat n’est pas un “moi” pensé comme un produit, mais un mythe, celui d’une absence.

Paul Akije produit des œuvres d’une diversité telle que l’on dirait plusieurs personnes, un essaim, coordonné mais disparate. Comme un collectif béant, il est tout le monde et personne à la fois.

On trouve actuellement chez Arnaud Deschin une série de dessins comme des piles de recherches figées dans de la résine, une vidéo qui délire l’amour de l’amour, c est à dire la disparition d’un sujet dans la passion…

Les passages espions de sa pratique, sont à chercher au compte goutte dans la ville, avec l’excitation d’une chasse au trésor et l’espoir d’un scandale juteux? L’intérêt de cette absence de visage, absence d’affiliation à un style, nous confronte précisément à la question délirante, fétichiste, de la dépendance de notre goût au marché, à un produit bien systématisé. Paul Akije nous promet une aventure sans visage, sans sécurité. Quelques traces d’une existence, dont on ne peut tenir l’histoire.
Dont on ne peut tenir l’Histoire.
 

Paul Akije, au mur, "pièce n°11", vue de l'exposition "Sur rendez-vous" Arnaud Deschin galerie, Paris (photo © Constance Camus Govoroff)

Paul Akije, extrait de film "pièce n°12", vidéo sonore 12'19" issue d'une installation de l'artiste.

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ARNAUD DESCHIN (né à Douai en 1970), artiste, galeriste, commissaire d’exposition Arnaud Deschin a été formé à l’ESAD d’Amiens, puis aux Beaux Arts du Havre, Besançon et Marseille dont il sort diplômé/félicité en 1996. Il performe inlassablement jusqu’à la fin de son cursus et l’obtention de son diplôme en 1995 (« 100 cœurs sans toit » « Les performances de l’Agneau », entre autres). En marge de sa pratique de performer, qu’il poursuit jusqu’en 2003 et est entretenue par celle du judo et du Krav Maga, il devient assistant à la Galerie Roger Pailhas à Marseille (1996-1999) et travaille pour Crash magazine. En 2000, diplômé d’Etat de visites et informations médicales il devient Délégué Spécialiste pour Takeda Pharmaceutical, poste qu’il occupe pendant treize ans et autour duquel s’imagine de nouveaux scénarii de performances, données pour la plupart à Marseille. Il devient gérant d’un night-club marseillais et crée en 2010 La GAD Marseille, galerie au sein de laquelle il développe son activité de commissaire d’exposition. La GAD défend principalement les artistes émergeants (au total en 2018 : 100 artistes présentés à Marseille, à Paris, à Malibu et dans des foires nationales). En 2016, il inaugure un nouvel espace dédié à l’art contemporain, la Arnaud Deschin galerie à Paris, Belleville qui ferme ses portes en juin 2018. Arnaud Deschin inaugure à Bagnolet, ART DECH STUDIO, 12 rue de la Liberté, en juillet 2018, une plateforme artistique transdisciplinaire, avec une performance à travers laquelle il fait « Don du tapis rouge » à une galeriste invitée. Ses performances intègrent les pratiques contemporaines in situ, celles du body art, de l’esthétique relationnelle, l’art de l’installation, la photographie et la vidéo. Il combine ces médiums aux réseaux sociaux et à son gout des mythes, pour poursuivre une œuvre imaginée aux Beaux-Arts, où l’affect est en permanence questionné depuis 1993