Xavier Mary, "Snake Talisman", 2015, lead, cord. - photo © Romain Darnaud

GROUP SHOW “LES SEPT PÉRILS SPECTRAUX”

Extrait de "L'Eden et après" d'Alain Robbe-Grillet
Extrait de "L'Eden et après" d'Alain Robbe-Grillet

10 décembre 2016 — 11 février 2017

NILS ALIX TABELING, ALINE BOUVY, REMY BRIERE, MICHAEL DEBATTY, EMELINE DEPAS, THOMAS DEPAS, JULIA KREMER, JONAS LOCHT, XAVIER MARY, neither, JUSTINE PONTHIEUX, GEORGE RIPPON

Curated by EMELINE DEPAS 

Textes Exposition
Emeline Depas
Sonia Dermience

Presse
• Ingrid Luquet-Gad, lesinrocks.com, 07/01/2017
• Laura Bourdon, Exponaute, 12/01/2017
• Arts Libres, 01/02/2017
• Art Viewer, janvier 2017
 Fluxo, février 2017

 

Les Septs Périls Spectraux fait suite à l’exposition La Vie Intense qui a eu lieu à Bruxelles en septembre 2016. Le titre est emprunté à l’œuvre de Dorothea Tanning, choisie comme complice.

En sous question, Les Sept Périls Spectraux a suggéré soutenir un état périlleux qui succède à un état intense ; nos vies intenses, effleurant les hauteurs et les profondeurs. Peut-être pour échapper à une certaine gravité quand on fait l’état des lieux, et à prétendre être authentiques, on repousse les limites, ensemble. « Les profondeurs » un lieu sourd, là ou les sens sont amoindris, un état étourdissant, jouissif qui peut mener à la syncope Pensando a Enzo Maiorca. Mise à nu littérale, Sonia Dermience, parle de la tension sexuelle dans le paysage contemporain. Les motivations sont affectives. L’intuition que ce sont des cacahuètes qu’on empile avec joie. Un beau sexe en relief, Metaphors ? I’ve worn them all. Il y a un certain plaisir à prendre soin d’autres artistes qu’on admire. Une même toile tissée par une famille d’araignées. La prétention peut-être d’avoir l’attitude qui permet d’éviter les pièges. Sortir les bananes du cul. Orages, fous rires, souffrances, renaissances, vies multiples, camoufler sa subversion, protéger sa violence. L’extase, des états d’amour inconnus mais connaissables, mystique extasy. Sleeping Body, un corps endormi debout, les bras soulevés dans une position de protection. Une peau fragile ouverte à l’usure, une chaussette de sport blanche et bleue garde le pied en contact avec le sol. Tenir en équilibre. Transparence, La femme invisible dont le feu jaune, couleur de l’amour pour Van Gogh, nous éblouit dans un paysage globalement noir et blanc. Snake Talisman inspiré d’un bouclier celtique. Les serpents à deux têtes souvent signe d’un rituel de passage planent au-dessus de nos têtes sur les câbles électriques. L’utilisateur de Snake Talisman obtient le pouvoir d’invisibilité. Geta, Through Veins Runs Syrop questionne nos rapports au visible, rituel sensoriel. Pipe Drum friable comme du charbon. Ecartelés Strangled Passion, tressés de stress, le danger d’une lame décorée d’images « sexy » qu’on affectionne. De fétichisme et fantasmagorie sexuelle, Substance, confronte trois versions d’un fantasme et ses représentations coexistantes dans des réalités parallèles. Fibula, fibule, os, accroche tubulaire, cherche partenaire. Le Jardin des délices, rideau fragile, yin-yang périssable, autant que les corps humains a forte présence dans l’exposition. « Quand on tombe amoureux on ne le fait pas avec des considérations, on ne demande pas à l’être aimé « combien de temps vivras-tu ? »

Emeline Depas

She must be around 18. Her name is Casha. The baby, not yet walking, is eating crisps. In front of me in the train Warsaw-Vienne. The guy in front of me, Polish as well, started to speak right away as well about clubs next to Gare du nord in Brussels, where he works on construction sites… Sunny frisk November day, 7 hours train as a romantic old fashioned way of traveling. They left the cabin and came back. He is divorced with two kids, he showed me photos with his ex wife. He is going back to the village. His car is in Belgium, a black Audi i saw in photos with his tattoos on his breast, symbols of success and sexyness. He is cute. Young. You can feel cosyness in this cabin with them and one other girl who does not speak as she must feel ashamed of a possible closeness with unexpected encounters, random people. She speaks to give me wifi and i realize she just doesn’t want any contact with the others, who she must see as lower class. The young mother has a beautiful voice, elegant, dressed in black. The baby just made a mess with another pack of crisps that was next to my seat. He is sitting on the floor trying to eat them. Now strolling around with the mother who seems happy as much as the baby, both warm people. Looking through the window i think about contraception and abortion. The land is flat. Small trees. I type with one finger on my phone. Thinking about that photo i want to make of Jean-Pierre pissing on a car at night with the flash. A naked woman riding the bronze crocodile in Botanical garden would be too political maybe? Emeline could also just sit inside the car at night. A kind of Vogue magazine reportage flash night, colors, characters questioning belonging and possession of private spaces and people. This guy in front of me should be part of the shoot. He wears a green Adidas jacket with jeans perfect short hair shaped in the back. He just asked the name to the other girl i understood replied Sandra. She doesn’t want anything to do with a too young mother and a construction worker. The Guy just made a sign to Casha to go back to toilet but i don’t know if he mimicked blow job or cigarette. She puts lipstick on. He tries to sleep. The baby is learning English with the phone repeating ‘Hello, how are you?’ Then record her own voice repeat and laugh to finally switch to heavy techno. This pink pullover makes me look fat in association with that wool leather brown skirt. The grey leggings are ok with the boots and skirt, still the top ruins the ensemble. If i put lipstick they will think i want to have sex. Or that i am an old wicked lady. The baby is dressed in pink like my lipstick, that is very comforting, soft pink named rouge pure couture. I put it on and feel already so full of reassuring intimacy in this cosy warm cabin full of sun and beautiful people. I have to pee. I realize i am with the sexiest people of the train… Even if i ate lots of cakes in Warsaw and have my menstruation, i think about sex when i close my eyes. The guy is asleep. The baby as well. Sandra as well; can’t see Casha making photos of her pack of crisps. First stop: a city of houses and blocs, no one would choose to live here if you are not from here and still half of Polish population believe they have a problem with foreigners. Police in the train. Police is back. Two young guys.

 
Sonia Dermience

Elle doit avoir 18 ans. Son bébé, qui ne marche pas encore, mange quelques chips. Devant le train Varsovie-Vienne, le mec en face de moi – polonais aussi – parle des clubs près de la Gare du Nord à Bruxelles, où il travaille dans le bâtiment… C’est une journée ensoleillée de novembre, sept heures de train comme à l’époque romantique des longs voyages. Ils quittèrent le compartiment et revinrent. Lui, divorcé, a deux enfants. Il rentrait au village. Il me montrait des photos de son ex-femme et de sa voiture en Belgique: une Audi noire près de laquelle il apparaissait, tatouage sur la poitrine, à l’apogée de sa gloire et de son succès. Il est mignon. Jeune. Une certaine inimité régnait entre tous ces gens, même avec cette fille qui ne parlait pas, soucieuse de préserver ses distances avec des inconnus. Puis, elle me donne les codes du wifi. Je réalise qu’elle évite de s’adresser aux ‘autres’ d’un rang social inférieur. La jeune mère habillée en noir a une voix chaude et élégante. Le bébé vient de renverser un autre paquet de chips près de mon siège. Il est assis sur le sol et tente de mettre les chips à sa bouche. Tous deux font un petit tour, l’air heureux. À travers la fenêtre du compartiment, je pense à la contraception et à l’avortement. Le paysage est plat. De petits arbres. Je tape avec un doigt sur mon téléphone. Je pense aussi à cette photo que je veux faire, avec Jean-Pierre qui pisse sur une voiture avec le flash. Est-ce qu’une femme nue chevauchant le crocodile de bronze dans le jardin botanique serait trop politique? Emeline pourrait juste s’assoir dans la voiture la nuit. Un flash comme dans un reportage de Vogue Magasine en couleurs, des personnages qui interrogent notre rapport à la possession des espaces privés comme des humains. Ce type en face de moi serait parfait pour le shooting. Avec sa veste Adidas verte, ses jeans et ses cheveux courts, parfaits à l’arrière. Il vient de demander son nom à l’autre fille – Sandra, je crois – qui refuse toujours de se mêler avec une mère jeune et un ouvrier. Le type fit signe à Casha de retourner aux toilettes mais c’était difficile de savoir s’il imitait un blow-job ou bien quelqu’un qui fume des cigarettes. Il essaie de dormir. Elle, remet du rouge à lèvres. Le bébé tente d’apprendre l’anglais grâce au téléphone qui répète ‘Hello, How Are You?’ puis enregistre sa propre voix et ses rires avant de switcher sur de la heavy techno. Ce pull rose me donne l’impression d’être grosse avec cette jupe brune en cuir. Les leggings gris vont bien avec les bottes et la jupe, mais mon haut ruine décidément tout l’ensemble. Si je me mets du rouge, ils vont surement penser que j’ai envie de baiser. Ou que je suis une vieille femme frigide. Le bébé est vêtu du même rose que mon rouge à lèvres, une couleur rassurante qui s’appelle rouge pure couture. Je m’en remets un peu et me sens de suite plus à l’aise, dans ce compartiment rempli de lumière et de gens merveilleux. Je dois faire pipi. Je réalise que je suis avec les passagers les plus sexy de tout le train…. Même si j’ai mangé plein de gâteaux à Varsovie et que j’ai mes règles, j’ai envie de cul quand je ferme les yeux. Le mec est endormi. Le bébé aussi. Sandra fait de même; j’arrive pas à voir Casha faire des photos de ses chips. Premier arrêt: Une cité de maisons et de HLM. Personne ne voudrait vivre ici s’il n’était pas lui-même né(e) là. Pourtant la moitié de la population en Pologne a peur des étrangers. La police est dans le train. Elle est de retour. Deux jeunes gars.

 
Sonia Dermience
(traduction: Charles Garcin)

 

Installée depuis l’été rue des Cascades dans le 20e arrondissement parisien, Arnaud Deschin galerie, anciennement sise à Marseille, avait inauguré sa programmation par une exposition furtive qui était quelque peu passée sous le radar. Son titre ? Berlin Est. Il est vrai que dans cette ruelle bétonnée, bien que depuis peu parsemée de quelques galeries pointues (la galerie Crevecoeur a ses quartiers quelques numéros plus loin), le paysage visuel est à l’exact opposé des allées hausmaniennes. “Arm aber sexy“, pauvre mais sexy, comme on l’a tant répété à propos de la capitale allemande ? Assurément. D’où l’invitation faite à une autre de ces villes, foyer créatif et underground, où prospère une jeune scène d’artistes partis traquer la liberté dans la grisaille : Bruxelles. Pour Les Sept Périls Spectraux , la curatrice Emeline Depas a réuni une dizaine d’artistes qui vivent et travaillent à Bruxelles, et dont se dégage une énergie dont on ne peut que souhaiter qu’elle contamine aussi Paris.

Ingrid Luquet-Gad, www.lesinrocks.com, Les 5 expos à ne pas rater cette semaine
07/01/2017

New resident in la rue des Cascades (Paris 20th), Arnaud Deschin Galerie, previously in Marseille, prompted its inauguration in the capital by a short-term, almost elusive exhibition, seemingly without giving warnings. It’s title? Berlin Est (East Berlin). Yet the narrow street lately witnessed a rise in art crowd attendance (Galerie Crèvecœur is just round the corner), the visual landscape still offers a sharp contrast to typical Haussmann alleys. “Arm aber sexy” – broke but hot. Would Berlin’s attribute apply to East Paris in the same way? Close enough. Hence the invitation made to a group of artist living and working in Brussels to shed light on those grey cities, in which young art scenes are thriving. Curated by Emeline Depas, the group show named Les Sept Périls Spectraux irradiates this intense energy one only wishes to spawn over in Paris.

Ingrid Luquet-Gad, www.lesinrocks.com, 5 exhibitions not to be missed this week
07/01/2017
(traduction: Charles Garcin)

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Après 6 années passées comme curateur des expositions de La GAD Marseille dans l'appartement et hors les murs, l'expérience continue dans un white cube pour une nouvelle ligne artistique et un projet de galerie pour collectionneurs.